« Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie » Proposition pour vivre la vocation de l’Église en Terre Sainte
La « Lettre pastorale » publiée ce jour sur le site du patriarcat dépassera les frontières du diocèse de Jérusalem. Et elle fera date.Sous le verset : « Ils s’en retournèrent à Jérusalem en grande joie », le Cardinal Pizzaballa propose de ne plus subir le conflit mais de l’habiter en chrétien.
voici en lien un resumé de la lettre encyclique du patriarche latin de jérusalem en ce temps difficile entre Pâques et pentecôte à méditer ,vous y trouverez le lien pour le texte complet.
. La Ville Sainte « est incompatible avec toute forme de fermeture, d’exclusivité ou d’identité monochrome ». Elle n’appartient pas « à certains contre d’autres ».
Le premier lieu de résistance chrétienne est la prière. Elle n’est pas « un simple outil » pour obtenir la paix, mais « un moment d’amour et de rencontre avec Dieu ». La liturgie devient alors le cœur vivant des communautés : « une communauté qui prie ne fuit pas la réalité, mais apprend à la vivre avec le regard de Dieu ».
Cette foi se transmet d’abord dans les familles, « églises domestiques ». C’est là que commence la « purification de la mémoire » : raconter le passé « sans transmettre de haine », apprendre à « se souvenir sans vouloir se venger ». Les familles, éprouvées par la crise, la peur et l’émigration, restent les premiers lieux où se forme le regard des enfants.
Les écoles sont décrites comme « le plus beau cadeau que l’Église offre à cette Terre ». Elles doivent devenir des « laboratoires de cohabitation », où l’on apprend à relire l’histoire sans rancœur et à rencontrer l’autre sans peur. Là se joue « une part décisive de l’avenir de cette Terre ».
Même mission pour les hôpitaux, Caritas et les œuvres sociales. Elles sont ces feuilles de l’Apocalypse qui « servent à guérir les nations ». Dans les soins donnés sans distinction, « l’amour de Dieu se fait présent et réconcilie des divisions que les mots ne parviennent souvent pas à apaiser ».
Le patriarche n’oublie ni les aînés, « mémoire vivante de l’Église », ni les jeunes, « prophétie » des communautés. Aux premiers, il dit merci pour leur fidélité. Aux seconds : « ne croyez pas ceux qui vous disent qu’il n’y a pas d’avenir ici ».
Les prêtres sont appelés à être « un repère solide et positif », capables « d’écouter, d’encourager, de recoudre ». Les religieux et religieuses, eux, sont les « sentinelles de l’aube », rappelant par leur fidélité silencieuse qu’« il existe un ciel nouveau ».
Viennent ensuite deux dialogues indispensables. Le dialogue œcuménique, d’abord, car en Terre Sainte il n’est « ni une option ni un exercice réservé aux spécialistes ». Il est la réalité quotidienne de familles chrétiennes souvent mixtes. Le dialogue interreligieux, ensuite, qui doit passer « du dialogue des élites au dialogue de la vie ». Il faut apprendre « à parler avec l’autre, et pas seulement de l’autre ».
Enfin, le cardinal appelle à un refus net de la violence. Il faut commencer par le langage : ne jamais « réduire l’autre à un ennemi ». Car « la violence n’est jamais la voie de l’Évangile ». Face au scepticisme, il propose la confiance : non un optimisme naïf, mais la certitude que « Dieu n’a pas abandonné l’histoire au chaos ».
La conclusion pastorale tient en un mot : l’accueil. Une petite communauté peut être tentée de devenir « une forteresse ». Mais « la conscience chrétienne n’est pas une forteresse à défendre, c’est une source qui coule ». La vocation de l’Église est donc d’ouvrir ses portes, non pour perdre son identité, mais pour la vivre dans sa vérité : « celle d’un amour qui n’exclut pas ».
encyclique du cardinal Pizzaballa